Le temps du questionnement (jour 45)

jeudi 30 avril 2020

Comment définir ce temps très étrange qui s’étale maintenant sur cinq semaines et qui va durer encore une quinzaine voire plus ?

Temps de confinement, certes. C’est vrai pour une majorité d’entre nous. Dans son appartement, dans sa maison (privilège du jardin) dans sa chambre, hélas, ou pire encore dans une cellule. Mais cette suspension de la liberté fondamentale de circuler connaît quelques exceptions dont je jouis personnellement pour des raisons professionnelles.

Aussi pour nommer ce temps qui fera date dans l’histoire de notre siècle je parlerai plutôt du temps du questionnement.

Nous sommes gavés à longueur de journée d’informations venant souvent des meilleurs experts en tout genre : chercheurs, médecins, économistes, philosophes, politiques… Nous devrions avoir réponse à tout et pourtant à chaque consultation, j’entends les mêmes questions, des plus légères aux plus graves.

Pourquoi ce virus, d’où vient-il, quand la menace va-t-elle s’éteindre, est-ce une punition, un châtiment, une opportunité ? L’épidémie va-t-elle toucher durement les pays les plus pauvres ? Irons sur la plage cet été ? Quand les portes de Notre Dame s’ouvriront pour tout le monde ? Est-ce humain d’interdire à un enfant de visiter son vieux parent ? (SAVOIR)

Comment allons-nous refaire surface ? Est-ce que je vais retrouver du travail ? Est-ce que l’État va manger nos économies ? Qui va payer l’addition ? Que vont devenir nos enfants ? (AVOIR)

Pourquoi n’ai je pas le droit de prendre mon vélo et faire 100 km à ma guise sans rencontrer âme qui vive ? Pourquoi les gouvernements sont ils aussi hésitants et changeants d’une semaine à l’autre ? Que puis-je faire pour être utile ? (POUVOIR)

On ne peut demander à l’Évangile de répondre à nos questions sur la nature du virus, sur son mode de contamination, de nous donner le patron d’un masque protecteur et sur le temps nécessaire à la fabrication du vaccin.

Cependant, ce dimanche l’Église nous offre l’Évangile merveilleux des Pèlerins d’Emmaüs.

Cette scène a inspiré un nombre considérable de peintres.

Le tableau qui illustre le livret Magnificat de ce mois-ci me séduit tout particulièrement. L’œuvre est de Fritz von Uhde (1848-1911) et s’intitule le chemin d’Emmaüs.

La simplicité du tableau est bien en accord avec les récits de Résurrection. Le printemps est là, l’herbe est verte, une vieille une barrière est rompue ouvrant un accès à la source qui sourd entre les herbes folles. Le ciel est sans nuage. À gauche, une masse sombre, inquiétante, mystérieuse d’arbres qui n’ont pas encore reçu les rayons du soleil, à droite on imagine des champs paisibles sans doute cultivés, harmonieux.

Un chemin de terre sinueux se perd entre le sombre du bosquet et la clarté des champs sous le soleil.

Trois hommes cheminent, nous les voyons de dos. Seul le personnage central vêtu d’un ample vêtement tient la tête droite et sa main gauche est relevée en signe de paix. Ses compagnons portent de simples vêtements campagnards de velours marron. Celui de gauche tient son chapeau à deux mains dans son dos (comment ne pas penser au paysan de l’Angélus de Millet qui lui tient son chapeau à deux mais devant lui ?). L’homme de droite porte canne, il a jeté sa veste sur son épaule car déjà, il n’a plus froid. Tous deux ont tête baissée, ils écoutent avec attention l’homme qui chemine avec eux.

Nous savons que l’un d’eux s’appelle Cléophas, l’autre n’a pas de nom, c’est toi qui me lis, c’est moi qui écris, c’est notre frère, notre sœur. Nous écoutons, accablés que sommes par nos espoirs déçus. Nous rêvions d’un monde meilleur. Nous avions bien conscience que le fulgurant progrès qui nous a apporté tant de richesses à nous les « occidentaux » depuis le dernier grand conflit mondial, n’a pas rempli sa mission de nous rendre heureux et plus encore menace dangereusement l’avenir de notre planète et de nos enfants.

Et voilà que nous sommes à nouveau inquiets parce que précisément la folie de ce monde s’est comme figée, stupéfiée devant un ennemi invisible.

Nous redoutons maintenant cet arrêt brutal et ses conséquences économiques plus immédiates que nos folies d’hier.

Nous écoutons l’homme qui nous a rejoint au milieu de notre pénombre avec attention parce qu’il va nous retourner, pointer du doigt l’essentiel. Nous dire comment abandonner les sombres terrains de nos envies, de nos possessions de notre quant-à-soi pour accéder à la lumière du partage et de l’équité. Suivons le maître en ce chemin printanier et ne craignons pas de faire le détour vers les bosquets ombreux du renoncement pour atteindre une lumière jamais pérenne.

Pierre-Marie Papapietro, baptisé.


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