Chemin de croix à Lourdes - Vendredi Saint (jour 25)

vendredi 10 avril 2020

Ce chemin de croix a été écrit par le P. Delage pour un pèlerinage diocésain à Lourdes qu’il a animé il y a plusieurs années. A chaque station, il nous propose d’entendre la voix d’une des personnes qui furent présentes aux derniers instants du Christ tels qu’ils sont figurés dans le grand chemin de croix de Lourdes.

Ière STATION – JÉSUS EST CONDAMNE A MORT.

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Un soldat : Qu’est-ce qu’ils ont tous à s’exciter autour de ce Jésus de Nazareth ? Il paraît que le gouverneur a un peu balancé avant d’envoyer ce Jésus au gibet. C’est pas son style, à notre Pilate, d’être indulgent. D’habitude, c’est par fournées de dix qu’on les emmène, les révoltés et les exaltés. Qu’est-ce qu’il peut bien avoir de spécial, ce Jésus de Nazareth ?

Qui est ce Jésus derrière qui nous allons nous mettre en marche ? Qui est-il pour que nous le suivions en cet après-midi ? Pilate vient de dire : « Voici l’homme ! ». Pourquoi ce rejet ? Pourquoi cette haine qui hurle : « A mort ! ». Pilate demande : « Qu’a-t-il fait de mal ? » Voilà ce que l’homme est capable de faire à l’homme. Voilà jusqu’où le cœur de l’homme peut aller dans son refus de la vérité, dans son refus d’une vie réconciliée avec elle-même, avec les autres et avec Dieu, telle que nous l’a proposée Jésus. Le chemin de la croix révèle à tout homme et à chacun de nous ce que nous pouvons devenir. Voilà exposées en pleine lumière nos peurs, nos lâchetés devant les exigences de la vérité, exposés notre orgueil et notre égoïsme qui nous replient sur nous-mêmes et nous ferment à l’Amour.

Prière : Jésus, toi qui es le chemin, la vérité et la vie (Jn 14, 6), apprends-nous à marcher derrière, à marcher comme toi sans jamais renoncer à croire en l’homme, même si l’homme est capable de mort et de mensonge, sans renoncer à croire en Dieu, même si Dieu nous apparaît silencieux aux moments de l’épreuve.

IIe STATION – JÉSUS EST CHARGE DE LA CROIX.

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L’enfant : Ils ont déguisé Jésus en roi. C’est vraiment un drôle de roi. Sur mon écriteau, on a marqué « Roi des Juifs » et en plein de langues pour que tout le monde soit au courant. Et puis les soldats, ils font tout ce qu’ils veulent de Jésus, comme si c’était leur jouet. C’est même plus comme une personne quand on vous pousse sous la croix. On devient comme des choses quand il n’y a personne pour nous aimer et nous protéger.

On disait dans le pays de Jésus que l’esclave, c’était un « sans-visage ». Jésus, de fait, va mourir du supplice réservé aux esclaves et on n’aura aucun respect pour lui, pour son visage couvert de crachats, giflé et maintenant recouvert du sang qui sourd des plaies de la couronne… Lui, le Seigneur des seigneurs a choisi de prendre la dernière des places pour s’y faire solidaire de tous ceux que l’on traite comme des gens sans-intérêt, des nuls. Jésus chargé de sa croix nous invite à retrouver sa présence, la présence de Dieu même en tous ceux qui sont manipulés, exploités, avilis par les autres. Il nous invite aussi à unir à sa croix toute l’humiliation que la vie ou le regard des autres peuvent faire peser sur nous.

Prière : Toi, notre Seigneur, exclu et humilié, ridiculisé par les hommes, donne-nous de te découvrir et de te servir dans tous les exclus et les humiliés. Aide-nous aussi à être des témoins d’humanité et de fraternité auprès de ceux qui n’ont plus que le sarcasme et la bêtise pour masquer leurs peurs et le vide de leurs vies ; aides-nous à aimer malgré les regards humiliants qu’on porte sur notre pauvreté.

IIIe STATION – JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS.

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Un partisan des Grands Prêtres : Mais pour qui il se prenait ce petit rabbi de Galilée ? On l’a bien entendu qui contestait les Saintes Lois d’Israël, on l’a bien entendu qui disait : « on vous a dit… mais moi je vous dis ». Aucun respect pour la Sainteté du Dieu d’Israël. Avec ses prétentions à tout pardonner et à accueillir tous les malfaisants, ce Jésus souillait Israël. Pour un peu, le Peuple l’aurait suivi dans son opposition à notre Saint Temple. Avec les Romains, on n’avait pas besoin de ça. Il les paye maintenant ses blasphèmes, le petit rabbi de Nazareth… Il nous a agacés, le Jésus, mais surtout, qu’est ce qu’il nous a fait peur… et ça il va le payer.

Le Christ avait dit : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie »(Jn 8, 12). Comme il est dur d’accueillir la lumière sur soi, sur sa société, sur son petit monde, sur les mobiles véritables de nos actions et de nos choix ! Le Christ ne juge pas mais il pose la question : qu’as-tu fait passer en priorité : le souci des autres, de ton frère ? ou bien ton confort personnel, ta tranquillité, ta certitude d’avoir toujours raison, d’être plus futé que les autres ? Et si le monde, et si Dieu était différent de ce que j’avais décidé ?

Prière : Seigneur, que la contemplation de ta passion guérisse les plaies de mon cœur, dissolve en moi ce qui est trop dur et repousse les pièges de la peur et de la tristesse. Que ta Croix m’accorde le don de te voir tel que tu m’aimes et tel que tu aimes mon frère ? Seigneur, Fais que je vois !

IVe STATION – JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE.

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La vierge Marie : Te voilà enfin mon fils. Mon cœur bat à se rompre. Je n’ai plus de mot, plus de parole. Toute la nuit je t’ai cherché dans Jérusalem. Mes oreilles ne peuvent entendre ce que murmure la foule, je ne veux pas savoir où l’on t’emmène, une douleur sans nom vrille tout mon être, et mes mots qui se refusent à sortir… Tu es la vie, mon fils, pourquoi vont-ils te tuer ? Comment le Père peut-il te permettre de communier à une telle coupe de souffrance… Regarde-moi, mon enfant, regarde-moi pour que je puise dans ton regard la force d’avancer et de ne pas me rompre.

En contemplant Marie accompagnant son fils dans sa passion, nous faisons ici mémoire de toutes ces mères qui se tiennent auprès de leurs enfants et qui se sentent complètement impuissantes lorsque la maladie, la drogue ou la délinquance leur arrachent inexorablement leurs enfants, et qui veulent demeurer coûte que coûte dans l’espérance. Pour elles, nous prions avec notre Dame du Calvaire.

Prière : Sainte Marie, Mère de Dieu, intercède pour nous auprès de ton Fils. Intercède pour toutes les mères et tous les pères qui voient mourir leurs enfants pour qu’ils gardent l’espérance de les retrouver auprès de toi et de ton Fils.

Ve STATION – SIMON DE CYRENE EST RÉQUISITIONNE POUR PORTER LA CROIX.

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Simon de Cyrène : Dire que ça fait des années que j’ai économisé sous après sous pour pouvoir revenir à Jérusalem. Et me voilà maintenant agrippé, traîné par les soldats et ils y me poussent à porter la croix de ce Jésus de Nazareth. Mais je n’ai rien à voir avec lui… Et dire qu’on va fêter la Pâque dans quelques heures. Pour moi, c’est raté, je suis devenu un intouchable à mon tour. Tout le monde me regarde, mais je m’en moque. Je ne vais pas le laisser, ce Jésus. Allez, tiens bon, mon gars, je marcherai avec toi jusqu’au bout.

Simon de Cyrène n’a pas l’étoffe des héros, il ne fait pas de vague, n’attire pas l’attention des autres sur lui, un pratiquant de base en quelque sorte… Et voilà qu’il rencontre en chemin un condamné à mort. Simon en lui donnant un coup de main, renonce du même coup à tout ce qui était important pour lui, les repères et les rites de sa religion. Son regard va croiser le regard de l’homme Dieu et il va y reconnaître le regard de Dieu. Le Seigneur ne cesse de venir vers nous sous l’habit du mendiant, du marginal ou du repoussé. Et à travers les siècles, chaque fois qu’un homme comme Simon s’arrête pour porter secours à celui qui n’a plus rien, qui n’est plus rien, ne devient-il pas mystérieusement disciple du Crucifié ?

Prière : Seigneur Jésus, c’est toi qui nous as dit : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et qu’il me suive » (Mc 8, 34) donne à tous ceux qui sont dans l’épreuve de découvrir combien tu es proche d’eux, prenant alors sur tes propres épaules la croix qui les couche à terre. Donne-nous aussi de te rencontrer en servant concrètement nos frères souffrants.

VIe STATION – VÉRONIQUE ESSUIE LE VISAGE DU CHRIST.

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Véronique : Passer, passer coûte que coûte à travers les gardes. Essuyer furtivement son visage défiguré. Lui redonner une apparence humaine, même quelques instants, même si ça ne sert à rien… Son visage qu’il savait tourné aussi vers nous, nous les femmes, à qui on interdisait de venir l’écouter parce que la Parole de Dieu, c’est trop sérieux. Mais lui, il s’asseyait sur la margelle d’un puits et il nous parlait librement. Nous acceptant dans son cercle d’amis, il nous disait que nous aussi, nous étions les filles bien-aimées du Père, que nous aussi, nous étions les héritières du Royaume… C’est pour ça aussi qu’ils l’ont défiguré et que maintenant ils vont le tuer…

La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme (Is 52, 13). Paradoxe de l’amour divin qui ne sera jamais aussi vrai, aussi rayonnant que sur ce visage défiguré et accablé, un de ces visages dont on se détourne dans la rue, visage de S.D.F., visage de malade abandonné, visage d’alcoolique, visage aux yeux vides et dont on ne veut surtout pas savoir l’histoire blessée et les jours de bonheur enfuis. Refus et peur de voir ces visages qui trahissent notre commune origine, la fraternité que je leur refuse. Mais aussi Seigneur, donne-nous de rendre grâce pour les hommes et les femmes qui, saisis de compassion, se penchent sur ces visages abîmés avec tendresse et respect, et redonnent à ces visages de resplendir de l’éclat de la Sainte Face.

Prière : Fais jaillir en nos cœurs, Seigneur, le geste de Véronique et apprends-nous encore à déceler sous tant de visages abîmés, tant de masques imposés ou choisis, les traits de ton propre visage, visage divin et visage fraternel.

VIIe STATION – JÉSUS TOMBE POUR LA DEUXIÈME FOIS.

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Un soldat : Vivement que ça finisse. Quel sale boulot ! Il fallait vraiment que ça me tombe dessus. La foule qui ne nous gueule pas dessus, ça me fout encore plus les jetons… Et l’autre qui dit rien. Il pourrait crier, protester, se débattre, mais rien… Et puis il y a ces femmes qui ne le lâchent pas. On n’aurait pas dû permettre aux femmes de suivre. Je suis sûr qu’il y a sa mère dans le lot, celle qu’est tout en noir. Punaise, qu’est-ce qu’elle me rappelle ma mère. J’sais bien qu’on va le trucider pour que dalle, des questions de religion, j’y comprends rien à ces questions de religion. Mais sa mère, on dirait ma mère…on devrait pas laisser les mères voir leurs fils mourir.

La pierre qu’on rejetée les bâtisseurs va devenir la pierre angulaire d’un Temple nouveau où les Juifs et les païens auraient accès, ensemble, à l’amour de Dieu. En choisissant de donner sa vie sur la croix, comme un maudit, comme un sans-Dieu, Jésus a voulu faire des païens, des maudits, de ceux qui ne pensaient pas avoir accès à Dieu, ses propres frères de sang. Comment désormais voir un ennemi en quelque homme ? Pour lui comme pour moi, Jésus a donné sa vie. Contemplant Jésus tombant sous le poids de la croix, nous nous souvenons de sa parole à Catherine de Gênes : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée ». Ce n’est pas pour rire que tu as donné ta vie pour moi.

Prière : Seigneur Jésus, toi qui as voulu parcourir jusqu’au bout notre chemin d’humanité et qui trébuches sous le poids de nos haines et de nos violences, fais de nous des artisans de paix et de réconciliation selon ton cœur, des assoiffés de justice qui manifestent la proximité de ton Règne.

VIIIe STATION – JÉSUS CONSOLE LES FILLES DE JÉRUSALEM.

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Une prostituée : Vous vous rendez compte : il nous a parlé, à nous, les filles perdues de Jérusalem. Les autres nous crachent dessus, nous méprisent, mais lui, il nous a parlé, à nous, les prostituées qu’on est venu chercher à toute vitesse parce que c’est notre rôle à nous de préparer les drogues qui endorment un moment la douleur des clous qu’on enfonce dans les chairs… Il a pris le temps de nous parler comme à des êtres humains, comme à des personnes qui comptent ? Pourquoi faut-il qu’un tel homme meurt ? Est-ce parce qu’il parle à des prostituées comme à des personnes qui comptent ? Il nous a parlé et nous le voyons qui se remet en marche avec sa croix vers le lieu des exécutions, et nous ne pouvons rien faire, que pleurer…

« Fille de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-même et vos enfants… » (Lc 23, 28). A l’heure même où son chemin touche à son terme et qu’il n’a plus pour tout avenir que la mort sur la croix, Jésus ne cesse pas d’être l’homme pour les autres. Il apparaît encore d’une extraordinaire liberté de cette liberté qui lui donne d’être attentif à l’histoire de chacun, en commençant par les plus humbles comme ses filles perdues de Jérusalem ou ce larron qu’on conduit à la mort avec lui. Sous le coup de l’épreuve, de la douleur, nous nous replions sur nous-mêmes ; nous cherchons consolation et protection, incapables d’accueillir la vie sans y mêler ce qui nous fait mal, la maladie, l’échec, la trahison… Encore une fois, Jésus trouve les mots qui permettent de continuer le chemin et de découvrir que personne n’est abandonné du Père. « Ma vie, nul ne l’a prend, mais c’est moi qui la donne ».

Prière : Jésus, toi qui n’as jamais eu d’ennemis parmi les femmes, nous te confions toutes nos sœurs qui sont blessées dans leur dignité ou leur maternité quand des enjeux économiques, des fanatismes religieux ou des idéologies libertaires les réduisent à l’état d’objet ou d’enjeux politiques.

IXe STATION – JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS.

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Marthe : Ils étaient aussi nombreux à Béthanie lorsque le Maître a ressuscité mon frère et ils étaient alors pleins de respect et d’admiration pour lui. Que m’importe maintenant leurs ricanements et leurs sarcasmes ! Je sais qu’il est le Christ mais pourquoi le Père du ciel reste-t-il silencieux ? Pourquoi Dieu le laisse-t-il ainsi à terre ? C’est de ton honneur, ô Dieu d’Israël, qu’il s’agit. Cela ne te fait-il rien de voir ton Messie humilié ? O Seigneur d’Israël, ne vas-tu pas enfin déchirer les cieux et descendre. Ne tarde pas. Ton fils va périr. O Seigneur, aie pitié de nous, aie pitié de ton Fils.

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruits. Celui qui aime sa vie la perd, celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle » (Jn 12, 24). Un grain de blé qui tombe en terre, ça ne fait pas beaucoup de bruit. C’est peut-être même ce silence qui nous effraye. Comme si ce silence voulait dire le vide et l’abandon ! Comme si dans le silence, Dieu ne pouvait pas être là. Nous savions pourtant depuis Elie que Dieu se méfie des grandes manifestations spectaculaires, mais que c’est au désert, au cœur de l’épreuve, qu’il s’est manifesté à son prophète dans une voix de fin silence. Dieu fidèle et sûr, tu étais là et je ne le savais pas.

Prière : Seigneur Jésus, donne à tous ceux qui se sentent isolés ou abandonnés des autres ou de Dieu, de découvrir que tu te tiens là encore en communion avec eux et avec le Père au cœur même de l’épreuve, toi qui as vécu dans le silence l’offrande de ta vie.

Xe STATION – JÉSUS EST DEPOUILLE DE SES VÊTEMENTS.

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Marie de Béthanie : Ils ont dépouillé mon Maître. Ils l’ont mis nu, pour mieux lui faire sentir l’humiliation, pour mieux lui faire sentir les regards qui condamnent, qui jaugent, qui salissent… Ils lui ont arraché ses vêtements un à un comme ils vont lui ôter la vie. Mais ce qu’ils ne peuvent comprendre, c’est que sa vie, il l’a déjà donnée, et que même sa mort, comme chacun de ces jours, chacune de ses nuits, il nous en a fait le cadeau. Alors, moi j’ai pris le parfum le plus cher de ma maison, et je l’ai versé sur ses pieds et j’ai pris mes cheveux pour essuyer ses pieds, à lui, mon maître. Alors ce jour-là, il nous a prévenus, il nous a dit que bientôt son corps serait confié à la tombe. Mais n’y aura-t-il pas plus fort que la mort ?

Jésus sachant que son heure était venue, l’heure de passer de ce monde à son Père, ayant aimé les siens à l’extrême, se leva de table, déposa son vêtement et prit un linge pour laver les pieds de ses disciples (Jn 13, 2). Le vêtement dit notre identité, notre place dans la société, notre dignité. Même de cela, Jésus consent à s’en défaire pour prendre la dernière place, celle du serviteur quelconque, lui qui est le Maître et Seigneur. Et il nous invite à entrer dans cette dynamique paradoxale d’un amour qui jamais ne s’impose à l’autre, mais qui ne peut que se proposer. Se proposer et s’exposer comme dans quelques instants le corps du crucifié sera exposé aux passants… Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Prière : Dieu notre Père, devant ton fils dépouillé et nu, nous prenons un peu plus conscience de toutes ces relations et ces biens qui nous font vivre : liens familiaux, amicaux, métier, santé, instruction, communautés d’Eglise…Tout cela, Seigneur, apprends-nous à le partager avec nos frères les plus démunis, qu’ils soient proches ou lointains.

XIe STATION – JÉSUS EST CLOUE SUR LA CROIX.

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Le centurion : J’en ai vu mourir des types, des exaltés et des révoltés, des criminels endurcis et des morts pour l’exemple… Mais celui-là, il est vraiment bâti d’un bois pas ordinaire. Le voilà qui prie maintenant comme si son Dieu ne l’avait pas abandonné. Pourtant, sur la croix, on ne peut plus tricher. On meurt là comme on a toujours vécu. Et lui, il prie… Et un de mes gars qui connaît la langue de ces gens, me dit qu’il est en train de pardonner à ceux qui l’ont condamné. Ce type n’est pas fait de la même nature que nous.

« Vraiment cet homme était le Fils de Dieu » (Mc 15, 39) finira par témoigner dans quelques instants le centurion romain qui avait vu comment Jésus avait expiré. Troublé par la manière dont Jésus fait face à la mort, le soldat païen se laisse gagner par le mystère de Celui qui meurt sur la croix. Il y a ici plus qu’un homme. C’est l’amour divin qui s’offre entièrement entre les mains des hommes et déjà s’accomplit la promesse du Royaume et le païen confesse le Fils de Dieu. Lorsqu’il meurt en pardonnant, Jésus brise pour toujours les logiques infernales de la vengeance et des surenchères violentes et aveugles. Non plus « œil pour œil » mais son sang à Lui pour le sang de mon frère que moi, j’ai versé.

Prière : Seigneur, accorde-nous ta miséricorde et ton pardon. Réveille notre cœur de fils et de frère comme tu l’as fait pour le centurion romain. Provoque en nous cet étonnement qui fait éclater la dureté de notre cœur et te découvre dans le Christ et dans le frère. Que tout homme puisse trouver l’espérance que l’Amour sera toujours victorieux.

XIIe STATION – JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

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Le disciple Bien-Aimé : Cela fait maintenant près de six heures que le Maître a été crucifié. Le ciel s’est obscurci depuis midi. Les insultes ont diminué peu à peu, les gens se dispersent, leur colère est tombée. Alors je me suis approché avec sa mère, le plus possible, pour être avec lui, pour lui prêter notre regard et notre douleur. Nous voyant, il a dit à sa mère en me désignant : « Femme, voici ton Fils ». Puis il m’a dit : « Voici ta mère ».

« Celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est conforme à la vérité, et d’ailleurs le Seigneur sait qu’il dit ce qui est vrai » (Jn 19, 35). Le Disciple Bien Aimé va rendre témoignage que Jésus est resté fidèle au dessein d’amour du Père et fidèle aux siens jusque dans sa mort. Alors de son corps transpercé, ont jailli l’eau et le sang, comme la promesse d’une vie qui vient d’au-delà de la mort, du cœur même de l’offrande. Nombreux sont ceux et celles qui peuvent toujours témoigner que l’amour est crucifiant, que l’on peut être saisi de vertige et tenté par la fuite comme Pierre et les autres, mais ils nous disent aussi que ceux qui acceptent de tenir dans cet amour incandescent, font l’expérience d’une paix, d’une joie et d’une vie qui ne peut venir que de l’Esprit du Seigneur. Alors dans le souffle divin, ils sont devenus comme Jean, un autre Fils, une autre Fille du Père éternel.

Prière : Seigneur, nous te prions pour tous ceux qui sont tentés par la fuite, l’abandon, le repli sur soi. Que par ta passion et ton sang répandu pour nous tous, l’Esprit Saint confirme en nous le désir de te suivre et de vivre pleinement de l’Evangile afin que notre monde te découvre et choisisse la vie.

XIIIe STATION – JÉSUS EST DÉTACHE DE LA CROIX.

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Marie de Cléopas : Maintenant c’est fini. Et nous qui espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël. Mais ce sont nos grands prêtres et nos chefs qui l’ont livré aux Romains pour connaître cette mort sans nom. Cela fait des mois qu’avec mon mari Cléopas, nous suivions Jésus. Mais tout cela n’a servi à rien. Tout s’est cassé, disloqué en quelques jours. Il faut maintenant laver à grande eau son corps, se dépêcher de l’ensevelir avant que ne commence le grand Shabbat. Et ne pas traîner dans les parages. Dès que le Shabbat sera terminé, nous rentrerons au plus vite avec Cléopas à Emmaüs.

Que reste-t-il à espérer quand la mort a fait son œuvre ? Marie de Cléopas a vu le cadavre de Jésus. Elle sait ce que ça veut dire, l’œuvre de la mort et tout ce qu’elle brise irrémédiablement. Nous pensions… Nous espérions… Nous avions cru… La mort balaie tout et chavire notre univers familier. Qui pourra nous faire sortir de l’enfermement du deuil et de la désespérance ? Il faudra qu’un Autre vienne vers nous, empruntant les chemins mêmes de notre doute, de nos espérances mortes après avoir lui-même traversé les cercles infernaux de la séparation et de la mort, pour nous partager un avenir et une vie dont nous n’osions plus rêver.

Prière : Seigneur, ne cesse-pas de venir nous rejoindre sur nos chemins de découragement et de désespérances, et apprends-nous à découvrir que tel que tu étais au commencement, tel tu seras encore pour toujours, Dieu fidèle qui sans cesse remet debout ses frères et les précède sur les chemins du monde où tu les envoies.

XIVe STATION – JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU.

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Joseph d’Arimathie : Cette fois, je ne ferai pas machine arrière. Maintenant je n’ai plus peur et je sais que c’est toi, Jésus, qui m’a délivré de la peur. Tu as été jusqu’au bout de ton amour pour nous et ton amour m’a libéré. Je peux placer mes pas dans les tiens, partager ta passion. Je ne suis plus un mort-vivant. Reçois mon tombeau, car ma vie vient de commencer, car ma vie va pouvoir devenir la tienne.

L’affaire Jésus est close comme est close maintenant la tombe dans laquelle Joseph d’Arimathie vient d’ensevelir le corps du Maître. Tout est rentré dans l’ordre. L’ordre des hommes. Mais Jean note que la tombe était située dans un jardin. Or qu’est-ce qu’un jardin, sinon l’endroit où germe la vie, un endroit qui porte du fruit et un fruit qui est bon pour l’homme ? Et il nous est dit que personne n’avait été déposé dans cette tombe auparavant. Cette tombe n’a jamais connu d’homme. Cette tombe est littéralement vierge comme le sein de Marie. L’heure des hommes et de leurs logiques a sonné. Une autre heure peut maintenant se faire jour que nous avons à accueillir et faire germer dans la foi et l’espérance.

Prière : C’est le temps de l’attente qui commence. C’est le temps où tu viens nous visiter, brisant nos cœurs de pierre de la même manière que tu as fait rouler la pierre du tombeau. C’est le temps des veilleurs dans la nuit. Donne-nous, Seigneur, de garder nos lampes allumées et d’éveiller nos frères aux premiers signes qui annoncent l’aurore. Déjà la Lumière luit au cœur des ténèbres, la Vie commence son œuvre au cœur de la mort.


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